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Sorbonne Université : la démocratie à l’épreuve des urnes
mercredi 5 novembre 2025
Ajout du 14/11 : la direction des affaires juridiques nous interdit tout commentaire sur les élections et donc toute expression sur la politique de la présidence !
Extrait d’un premier mail reçu le 07/11 :
[...] durant la période de campagne électorale, la liste de diffusion Communication-syndicale@XXX ne doit pas être utilisée à des fins de propagande électorale.
Au cas présent, il s’avère que votre mail relève manifestement de la propagande électorale par son contenu et ses prises de position dans la campagne en cours et ce, alors même que votre syndicat utilise une liste de diffusion non autorisée à cet effet et qu’il n’a pas déposé de liste.
En conséquence, je vous demande, pour vos prochaines communications, de les circonscrire à des sujets sans lien avec la campagne électorale en cours et qui, pour mémoire, prend fin le jeudi 20 novembre prochain à 17h00.
Extrait d’un second mail reçu le 10/11 :
Vous n’êtes effectivement pas candidats à ces élections et n’avez donc pas la possibilité d’utiliser les moyens de communication dédiés à la propagande et mis en place par l’administration à l’attention des candidats. Cependant, en tant que syndicat, vous disposez d’une liste de diffusion syndicale (communication-syndicale@XXX) et à ce titre et au même titre que les autres syndicats de l’établissement, vous ne pouvez pas utiliser cette liste de diffusion institutionnelle à des fins de propagande électorale en période de campagne.
Il y a un an, nous donnions l’alerte contre les dérives antidémocratiques de la présidence actuelle, dans un article intitulé Sorbonne Université : la démocratie en peau de chagrin. Depuis, la campagne électorale pour le renouvellement des conseils centraux et de la présidence a démarré. Les listes de candidat-es sont maintenant connues : parmi elles figurent des listes issues des équipes des décanats de la faculté des lettres et de la faculté des sciences et ingénierie, preuves de la fracturation du « collectif » Réunis sous la pression de cet autoritarisme que nous n’avons de cesse de dénoncer.
Pour la première fois depuis de nombreuses années, notre section syndicale ne participe à aucune des listes candidates. Ce communiqué détaille les raisons qui motivent notre décision.
La bataille politique n’a plus lieu dans les conseils centraux.
Les dérives autoritaires que subit notre université ne sont pas uniquement dues à l’équipe présidentielle en place. Au fil des réformes, la composition et le fonctionnement des conseils centraux ont profondément changé, de sorte qu’ils sont devenus de simples chambres d’enregistrement des décisions préalablement prises par la présidence. [1]. Les interventions de l’opposition sont tolérées pour faire croire à un moment démocratique. Désormais, les prises de parole des élu-es de l’opposition n’ont pas d’autre poids que celui que leur donne le soutien visible des collègues, par leur témoignage argumenté sur le fonctionnement des services et laboratoires, et par leur mobilisation dans les assemblées générales et les rassemblements de protestation. Il ne suffit plus de faire vivre le débat contradictoire dans les instances pour instaurer un véritable rapport de forces.
Si nous souhaitons mettre fin à la dégradation de nos conditions de travail et d’études, à la gestion autoritaire de notre université, si nous voulons que nos missions de recherche et de formation reviennent au centre des débats, il faut non seulement destituer la présidence sortante, mais aussi nous organiser pour peser ensemble sur les décisions de la présidence à venir.
L’illusion d’une opposition syndicale pesant sur les décisions des conseils centraux démobilise la communauté universitaire.
Les syndicats doivent jouer un rôle de défense des droits et des conditions de travail, d’alerte et de contre-pouvoir. Leur rôle n’est pas d’administrer l’université. C’est à la communauté universitaire de s’emparer de nos alertes et de nos analyses pour peser sur la vie démocratique de l’université.
Dans cet esprit, nous avions participé à des collectifs sans étiquette syndicale se présentant aux conseils centraux jusqu’en 2021. Au fil du temps, nous avons constaté un désengagement des collègues vis-à-vis de ces collectifs, et plus largement de la vie politique et syndicale de l’université. Nous pensons que l’illusion d’une opposition syndicale pesant sur les décisions de la présidence participe de cette démobilisation. Par conséquent, nous faisons le choix de ne plus briguer de sièges dans des instances politiques où nous ne pourrions pas revendiquer la force et la légitimité d’un collectif fort et uni. Nous espérons que cette phase de dépolitisation est temporaire, et nous vous invitons tous et toutes, cher-es collègues, à nous contacter pour réfléchir et agir ensemble !
Nous continuerons à défendre vos droits et vos conditions de travail.
La baisse générale de l’engagement dans les activités syndicales se ressent au sein de notre section syndicale. Faute de forces suffisantes pour batailler sur tous les fronts, face aux attaques incessantes qui traversent aussi bien l’enseignement supérieur et la recherche, que le monde du travail en général, nous avons décidé de concentrer nos forces sur la défense, collective et individuelle, des droits et des conditions de travail, à la fois sur le terrain et dans les instances réservées aux syndicats : le CSA (Comité social d’administration) et la F3SCT (formation spécialisée en santé, sécurité et conditions de travail). Ces instances seront renouvelées lors des élections professionnelles de 2026 (si aucune réforme délétère ne survient entre-temps...).
Nous nous engageons à continuer de mener les batailles syndicales fondamentales : défendre vos conditions collectives de travail, et vous accompagner pour défendre vos droits individuels face à votre hiérarchie.
Nous nous engageons aussi à jouer notre rôle de lanceur d’alerte et de contre-pouvoir, et à lutter pour une université ouverte et émancipatrice.
[1] Nous vous invitons à consulter le guide de Solidaires « Historique des réformes de l’enseignement supérieur et de la recherche, de 1986 à nos jours ».
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